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Atelier de renforcement de capacités sur le travail forcé et l'esclavage moderne

Atelier de renforcement de capacités sur le travail forcé et l'esclavage moderne

Mesdames et Messieurs membres du Comité de coordination Alliance 8.7 ; Mesdames et Messieurs Partenaires techniques et financiers, Chers Partenaires sociaux, employeurs et travailleurs, Distingués invités, Chers participants,

C'est pour moi un réel plaisir de vous souhaiter la bienvenue à cet atelier de renforcement des capacités consacré à la lutte contre le travail forcé et l'esclavage moderne.

La tenue de cet atelier témoigne de notre engagement collectif à atteindre, d'ici 2030, les Objectifs de développement durable, en particulier la cible 8.7, qui appelle à prendre des mesures immédiates et efficaces pour supprimer le travail forcé, mettre fin à l'esclavage moderne et à la traite des êtres humains, interdire et éliminer les pires formes de travail des enfants, y compris le recrutement et l'utilisation d'enfants soldats, et mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes.

Cet atelier vise à nous aider à mieux appréhender ces phénomènes, à renforcer nos compétences et à consolider nos stratégies d'action afin de protéger les droits fondamentaux de chaque être humain.

En effet, le travail forcé et l'esclavage moderne demeurent aujourd'hui des réalités préoccupantes dans de nombreuses régions du monde, y compris en République Démocratique du Congo.

Souvent, ces pratiques passent inaperçues faute de vigilance ou de capacités suffisantes chez les acteurs de première ligne. Pourtant, elles portent gravement atteinte à la dignité humaine, compromettent le développement durable et fragilisent les efforts visant à construire des sociétés justes, inclusives et respectueuses des droits humains.

Dans ce contexte, le renforcement des capacités des acteurs institutionnels, de la société civile et des partenaires sociaux constitue un levier essentiel pour améliorer la prévention, l'identification des victimes ainsi que la mise en œuvre de réponses efficaces et coordonnées.

Une double opportunité

Cet atelier représente donc une double opportunité : offrir un cadre précieux d'échange de nos expériences et d'approfondir nos connaissances ; et réfléchir ensemble aux mécanismes les plus appropriés pour lutter contre ces pratiques inacceptables.

Retour sur la 6ᵉ Conférence mondiale de Marrakech

Je voudrais également souligner que cette rencontre s'inscrit dans une dynamique internationale de mobilisation accrue contre les formes contemporaines d'exploitation. À cet égard, l'occasion faisant le larron, je profite pour vous faire un bref compte rendu de la 6ᵉ Conférence mondiale sur l'élimination du travail des enfants, tenue à Marrakech, au Maroc, du 11 au 13 février 2026. Cette conférence, consacrée à l'élimination du travail des enfants et à la protection des droits de l'enfant, a abordé plusieurs thématiques majeures, regroupées autour de trois axes principaux :

  • La mobilisation pour l'action : leadership, protection et solutions pratiques ;
  • L'anticipation des risques et l'innovation : réponses à un monde en mutation ;
  • L'alignement global et la responsabilité partagée : feuille de route vers 2030.

En tant que Chef de la délégation de la RDC à ces assises, lors de mon intervention en plénière, j'ai mis en lumière les progrès et les efforts entrepris par notre pays dans la lutte contre le travail des enfants. J'ai notamment souligné plusieurs actions stratégiques ayant contribué à réduire sensiblement la présence des enfants dans le monde du travail :

  • La création d'emplois décents et l'amélioration du pouvoir d'achat des travailleurs congolais à travers la fixation d'un nouveau SMIG ;
  • La gratuité de l'enseignement primaire, qui a permis d'intégrer, depuis 2022, plus de 5 millions d'enfants âgés de 6 à 11 ans dans le système éducatif ;
  • La mise en place du Système de Suivi et de Remédiation du Travail des Enfants (SSRTE), un système intégré et digitalisé permettant l'identification et l'enregistrement des enfants sur les sites concernés, avec des coordonnées géoréférencées et sécurisées ;
  • La mise en œuvre du Projet d'Appui au Bien-être Alternatif des Enfants et Jeunes impliqués dans la chaîne d'approvisionnement du cobalt (PABEA-Cobalt), qui a permis de retirer plus de 13 587 enfants des mines artisanales de cobalt et de les réintégrer dans le système scolaire ;
  • La réforme du Code minier, intégrant la responsabilité sociétale des entreprises et la dotation minière, qui prévoit la rétrocession de 0,3 % du chiffre d'affaires annuel pour financer des projets de développement au profit des communautés locales ;
  • La mise en place et l'opérationnalisation d'un régime contributif pour la sécurité sociale et l'assurance maladie.

Le leadership partagé

Lors du side event consacré au « leadership partagé », organisé par Free The Slaves en collaboration avec Alliance 8.7 à l'occasion des dix ans de l'Alliance 8.7, j'ai également rappelé trois principes essentiels sur base desquels la RDC a structuré sa feuille de route : premièrement, le leadership, qui implique avant tout l'écoute — écouter les enfants, écouter les survivants, et intégrer leurs expériences dans nos politiques et stratégies ; deuxièmement, la redevabilité, qui consiste à rendre compte de nos actions à nos partenaires, aux communautés, aux enfants et aux survivants ; troisièmement, le partenariat, car la lutte contre ces phénomènes exige une action collective aux niveaux national, local et international.

C'est à travers ce leadership partagé que nous pourrons renforcer l'efficacité de la mise en œuvre des feuilles de route nationales de l'Alliance 8.7.

Le Cadre d'action global de Marrakech

En définitive, la 6ᵉ Conférence mondiale de Marrakech a abouti à l'adoption du Cadre d'action global de Marrakech, qui s'appuie sur les huit points d'action de l'Appel de Durban. Ce cadre propose notamment : la ratification universelle de la Convention n°138 ; l'alignement des cadres juridiques nationaux sur les Conventions n°138 et n°182 ; la mise en œuvre effective de ces conventions ; l'élimination du travail des enfants dans l'agriculture ; la mobilisation de ressources supplémentaires ; la promotion du travail décent et la lutte contre l'informalité ; la garantie d'un accès universel à une éducation gratuite et de qualité ; et la promotion de l'accès universel à la protection sociale.

Au niveau de la RDC, le Comité de coordination de l'Alliance 8.7 devra donc définir un plan d'actions permettant la mise en œuvre rapide et stratégique de cette feuille de route, notamment en intégrant davantage le secteur agricole dans la planification des actions stratégiques, en renforçant la participation des ministères concernés — notamment ceux de l'agriculture, de la pêche, de l'élevage, de la foresterie, de l'éducation et de la protection sociale — et en intensifiant les activités conjointes de renforcement des capacités des acteurs de première ligne au niveau national et local.

Une mobilisation des partenaires techniques et financiers

La réussite de notre engagement dans la lutte contre le travail des enfants, le travail forcé et l'esclavage moderne dépend également d'une mobilisation accrue de nos partenaires techniques et financiers. C'est dans ce cadre que la RDC a participé à la première réunion, le 11 mars 2026, du Groupe d'action sur l'agriculture avec les points focaux des pays pionniers de l'Alliance 8.7.

À cet effet, nous réitérons notre appel à l'accompagnement des organisations internationales et des réseaux engagés dans ces domaines, notamment l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Organisation internationale du Travail (BIT), le Fonds international de développement agricole (FIDA), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Global March Against Child Labour et l'International Partnership for Cooperation on Child Labour in Agriculture (IPCCLA). Leur appui est essentiel pour renforcer la production, l'analyse et la diffusion de données fiables ; développer des outils pratiques d'intervention ; et soutenir le renforcement des capacités des acteurs du système agro-alimentaire.

Ensemble, nous pourrons mieux intégrer ces efforts dans les processus nationaux et les initiatives mondiales, afin de prévenir et d'éliminer durablement les formes d'exploitation dans les chaînes de valeur agricoles et promouvoir un développement inclusif et respectueux des droits humains.

Je ne saurais clore mon propos sans exprimer notre profonde reconnaissance pour le soutien technique et financier dont bénéficie le Comité de coordination de l'Alliance 8.7 de la RDC de la part de Free The Slaves. Malgré les nombreuses sollicitations auxquelles cette organisation fait face à travers le monde, elle a accepté de mettre son expertise à notre disposition afin de renforcer les capacités des membres du Comité de coordination et d'appuyer l'organisation de cet atelier.

Pour ne pas abuser de votre temps, permettez-moi, sur ces mots, de déclarer officiellement ouvert l'atelier de renforcement des capacités sur la lutte contre le travail forcé et l'esclavage moderne. Je souhaite à toutes et à tous des travaux fructueux et riches en échanges.

Je vous remercie.

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